Histoire d’Implant !

Coucou Dylan, regarde maman,  je vais te prendre en photo!

Coucou Dylan, tu entends l’oiseau qui chante?

Coucou Dylan, le téléphone ne t’a pas réveillé ?

Coucou Dylan, tu dis, “maman”, “papa” ?

Dis donc, tu es un petit coquin, maintenant tu es grand, tu devrais dire,” maman”, et puis tu pourrais tourner la tête lorsque je t’appelle!

Pourquoi tout le monde essaie de capter ton attention quand tu ne nous vois pas ?

Pourquoi tu tournes la tête quand la porte claque et que tu ne le fais pas à l’appel de ton prénom ?

Pourquoi la pédiatre nous dit-elle, ” j’ai un doute, il faut aller à Bordeaux passer un audiogramme” ?

Encore un diagnostic, “votre fils est sourd profond, bilatéral”

Là, on se prend une bonne claque, on réfléchit et on se dit, comme pour se rassurer :

“ouf, il n’a que ça ! Il a frôlé la mort il y a quatre mois alors la surdité est secondaire s’il n’y a pas d’autres séquelles”

Aussitôt, le médecin de Bordeaux nous rassure, elle est très gentille, très compréhensive, elle nous explique qu’il a une solution à la surdité : l’implant cochléaire !

Super, nous allons pouvoir réparer Dylan !

OUF ENCORE! NOUS SOMMES SAUVÉS !

Euh!!!!!Ouais, et par ça ?

Te souviens-tu Dylan ?

Dans mon ventre pendant neuf mois tu m’entendais te parler, te chanter des chansons, te raconter des histoires. Un matin d’ automne tu es enfin apparu, beau comme un dieu, de grands yeux et de beaux cheveux noirs. Pendant cinq mois tu m’as écouté et découvert la vie autour de toi d’un regard émerveillé.

Le 9 avril 1997 tout a basculé.

Que t’arrive t’il ? Que nous arrive t’ il ?

Au diable cette méningite qui t’a ôté le son!

Dylan a cinq mois lorsqu’il est hospitalisé, il a une forte température, des vomissements, le corps douloureux. Le diagnostic, après examens dont une ponction lombaire :  MÉNINGITE PNEUMOCOQUE (quel sale mot!)

Pendant huit jours nous avons crains pour sa vie. Il est resté à l’ hôpital vingt longs jours.

Dans son petit lit, Dylan est très entouré. Le personnel hospitalier dont une aide-soignante en particulier, est au petit soin pour lui. Elle me dit tout le temps, “c’est le plus beau, c’est le plus sage, il ne pleure jamais, il ne fait que des sourires”.

Lorsque je le tiens dans mes bras, je lui chante toujours des chansons, je lui parle de son papa, de son frère et de sa sœur qui l’ attendent à la maison.

Mais déjà, il ne m’entend plus et je ne le sais pas!